[Doc] Micheline Coloniale Poster un commentaire 

1934

Après ses succès en métropole, Michelin exporta ses « autorails sur pneus » dans diverses colonies françaises. Aujourd'hui, quelques exemplaires assurent des sorties touristiques à Madagascar.





Les filles de Michelin



Après la mise en service de Michelines à voie normale sur le réseau français au début des années 1930, leur constructeur réalisa des véhicules semblables pour voie étroite. L'un d'eux fut essayé sur la ligne Nice-Digne des Chemins de Fer de Provence en 1934, mais ne fut pas retenu pour le réseau. Toutefois, ce matériel allait connaître un certain succès « à l'exportation », dans les colonies françaises. Ainsi, 19 Michelines baptisées « coloniales », de types 51 et 52, furent livrées : 7 au Mozambique, 2 en Indochine (ligne du Yunnan), 2 en Afrique-Équatoriale française (ligne Congo-Océan), 1 en Afrique-Occidentale française (ligne Dakar-Niger) et 7 à Madagascar.

Les Michelines à Madagascar



Ces dernières furent livrées en deux lots : 4 du type 51 de 1932 à 1938 (18 places), puis 3 en 1952/53 du type 52 (42 places). Leur mise en service fut une véritable révolution sur le réseau. Elles circulaient sur la ligne de Tana-narive (Antananarivo) au port de Tamatave (Toamasina), où arrivaient les paquebots en provenance de la métropole, couvrant la distance en 8 heures et 15 minutes à la vitesse commerciale de 45 km/h, alors qu'il fallait 14 heures au plus rapide des trains à vapeur. Leur confort et leur robustesse leur permirent de rester en service jusqu'au début des années 1980, date à laquelle elles durent être garées... faute de pneus-rails. Plusieurs furent détruites, mais grâce à l'aide du constructeur Michelin qui fournit les pièces nécessaires pour réaliser de nouveaux pneus-rails, deux d'entre elles ont été remises en état de marche et ont repris du service : baptisées « Viko Viko » et « Tsikirity », du nom d'oiseaux malgaches, elles assurent des sorties touristiques à la demande. Une troisième, également remise à neuf (la ZM 514, construite par Carel & Fouché en 1952, moteur diesel Panhard de 80 ch), a été rapatriée en France et elle est présentée lors de manifestations ferroviaires.



Le réseau ferré de Madagascar



Le Réseau National des Chemins de Fer Malagasy (RNCFM), dont la première ligne fut inaugurée en 1903, est constitué de deux ensembles à voie métrique totalisant 883 kilomètres : un au centre de l'île, l'autre au sud. Depuis plus de 50 ans, des projets pour les réunir par une ligne centrale Nord-Sud réapparaissent cycliquement, mais tous sont restés sans suite. Le premier ensemble s'articule sur l'axe principal Antananarivo-Toamasina (372 kilomètres), d'où se détachent deux lignes:

-Antananarivo-Antisirabé (154 kilomètres) ;
-Moramanga-Lac Alatroa (167 kilomètres + antenne minière).

L'axe principal relie la côte à la capitale, située à 1305 mètres d'altitude. La ligne y accède par des sections à forte rampe qui lui per-mettent de franchir les deux grandes falaises qui séparent les hauts plateaux centraux de la côte. Courbes serrées, fortes pentes, nombreux tunnels, tranchées, ouvrages d'art, dont la fameuse boucle d'Anjiro, se succèdent tout au long du parcours. La ligne Sud Fianarantsoa-Manakara (164 kilomètres) est aussi une ligne de montagne au profil difficile (courbes de 80 m, rampes de 35 %o). Actuellement, le pays traverse une grave crise économique, et l'état des infrastructures et du matériel (19 locomotives diesel) n'est pas reluisant.
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